Douceur du sud

Pécs, la méditerranéenne

Adossée au versant sud du massif du Mecsek, à 230 km de Budapest, Pécs cultive un climat presque méridional — amandiers, figuiers, terrasses — et 2 000 ans d'histoire, des tombeaux romains aux céramiques Zsolnay.

En bref

Situation
230 km au sud de Budapest, au pied du Mecsek, près de la frontière croate
Y aller
InterCity direct depuis Budapest-Keleti en 3 h environ, comptez 5 500 à 6 500 Ft (14–17 €) réservation comprise ; bus en 3 h 30
Durée conseillée
Une nuit au minimum : la ville se savoure le soir
À voir absolument
Cella Septichora, mosquée du pacha Qasim, quartier Zsolnay, musée Vasarely
Classement
Nécropole paléochrétienne inscrite à l'UNESCO en 2000

Sous les pavés, Sopianae

Pécs s'appelait Sopianae quand elle était capitale de la province romaine de Valérie. De cette époque subsiste, sous la place de la cathédrale, un ensemble unique en Europe centrale : la nécropole paléochrétienne du IVᵉ siècle, inscrite à l'UNESCO en 2000. Le centre d'accueil de la Cella Septichora fait circuler le visiteur au-dessus des chapelles funéraires à sept absides et des chambres peintes — celle « à la cruche », celle de Pierre et Paul — dont les fresques comptent parmi les plus anciennes images chrétiennes conservées. Comptez environ 3 500 Ft (9 €) le billet combiné et une heure de visite, avant de remonter vers la cathédrale aux quatre tours, fondée au XIᵉ siècle.

Un parfum d'Orient sur la place Széchenyi

Au sommet de la place Széchenyi, cœur en pente douce de la ville, la mosquée du pacha Qasim (XVIᵉ siècle) est le plus grand édifice ottoman conservé de Hongrie. Devenue église paroissiale, elle superpose les symboles : croissant et croix coiffent ensemble sa coupole verte, et les niches de prière côtoient les autels catholiques — un raccourci saisissant de l'occupation ottomane, qui dura ici près de 150 ans. De la place, la rue piétonne Király aligne cafés et façades colorées ; c'est le rendez-vous des étudiants de l'université fondée en 1367, la première du royaume de Hongrie.

Zsolnay et Vasarely, les deux fiertés locales

La manufacture Zsolnay, créée à Pécs en 1853, a couvert la Hongrie de ses tuiles vernissées et inventé l'éosine, cette glaçure aux reflets métalliques verts et pourpres — notre page sur les porcelaines Herend et Zsolnay raconte cette aventure. L'ancienne usine, réhabilitée lorsque Pécs fut capitale européenne de la culture en 2010, forme aujourd'hui le quartier culturel Zsolnay : musées, ateliers, mausolée doré de la famille fondatrice. En centre-ville, la fontaine Zsolnay aux têtes de taureau éosinées brille face à la mosquée.

Autre enfant du pays : Victor Vasarely, né ici en 1906. Sa maison natale, rue Káptalan, expose une belle collection d'œuvres op art données par l'artiste — environ 2 500 Ft (6 €) l'entrée. La même rue, dite « rue des musées », concentre plusieurs autres collections.

Y aller et rayonner dans le sud

Les InterCity directs quittent Budapest-Keleti toutes les deux heures environ pour un trajet de 3 h le long du Danube puis à travers les collines de Transdanubie (voir notre page trains MÁV). C'est trop pour un aller-retour dans la journée : dormez sur place, les soirées sur les terrasses de la place Széchenyi sont la moitié du plaisir. Sur place, tout se fait à pied : le centre historique tient dans l'ancien tracé des remparts médiévaux, dont subsiste la barbacane ronde près de la cathédrale. Par beau temps, montez à la tour de télévision du Misina (535 m), en bus ou par les sentiers du Mecsek, pour embrasser la ville et, au loin, la plaine croate.

À 30 km au sud, le vignoble de Villány produit les rouges les plus corsés du pays — une demi-journée d'excursion facile en voiture ou en train régional. Pour comparer les ambiances du sud hongrois, enchaînez avec Szeged, à 2 h 30 de route vers l'est, ou retrouvez toutes nos idées sur la page des villes de HongrieEger, au nord, offre un contrepoint vigneron parfait.