Le millénaire magyar

La place des Héros et le bois de Ville

Au bout de l'avenue Andrássy, la place des Héros (Hősök tere) résume mille ans d'histoire hongroise en bronze et en colonnades, avant d'ouvrir sur le bois de Ville, ses musées et ses bains.

Lire le monument du Millénaire

La place a été aménagée pour les fêtes du Millénaire de 1896, qui célébraient les mille ans de la conquête magyare de 896 ; le monument, dessiné par l'architecte Albert Schickedanz et sculpté par György Zala, ne fut achevé qu'en 1906. Au centre, une colonne de 36 mètres porte l'archange Gabriel, tenant la couronne de saint Étienne : selon la légende, il serait apparu en songe au premier roi pour lui offrir la couronne. Au pied de la colonne, les sept chefs de tribus magyares à cheval entourent Árpád, le conquérant. Les deux colonnades en hémicycle alignent quatorze statues de rois et de héros nationaux, de saint Étienne à Lajos Kossuth ; les cinq Habsbourg d'origine ont été remplacés après 1945 par des figures de l'indépendance hongroise. Devant la colonne, la pierre mémoriale des Héros honore les soldats morts pour le pays. La place est en accès libre, jour et nuit — elle est d'ailleurs plus photogénique éclairée, en soirée.

Deux musées face à face

La place est encadrée par deux bâtiments néoclassiques de Schickedanz. Côté nord, le musée des Beaux-Arts (Szépművészeti Múzeum, 1906) conserve la meilleure collection de peinture ancienne du pays : Raphaël, Bruegel, Greco, Goya et l'une des plus riches collections espagnoles hors d'Espagne. Comptez environ 5 400 Ft (14 €) pour les collections permanentes, fermeture le lundi. En face, le Műcsarnok (palais de l'Art) accueille des expositions temporaires d'art contemporain. Sous la place passe la ligne de métro M1, la plus ancienne du continent (1896), classée à l'UNESCO avec l'avenue Andrássy : la station « Hősök tere » aux boiseries d'époque vaut le coup d'œil — détails dans notre page sur le métro de Budapest.

Le château de Vajdahunyad

Derrière la place s'étend le bois de Ville (Városliget), l'un des premiers parcs publics du monde, ouvert dès le début du XIXᵉ siècle. Sur son lac, le château de Vajdahunyad fut bâti pour l'exposition du Millénaire par Ignác Alpár : conçu comme un catalogue de l'architecture hongroise, il assemble en un seul édifice des copies de bâtiments réels — dont le château des Hunyadi en Transylvanie, qui lui donne son nom — en mêlant roman, gothique, Renaissance et baroque. Prévu en bois et carton-pâte, il plut tant qu'on le reconstruisit en pierre dès 1904. Il abrite le Musée de l'agriculture ; la cour est en accès libre. Devant le château, la statue d'Anonymus, chroniqueur médiéval au visage caché, porte un stylo que les étudiants frottent pour réussir leurs examens. En hiver, le lac devient la plus grande patinoire de plein air d'Europe centrale (ouverte depuis 1870) ; en été, on y loue des barques.

Prolonger dans le bois de Ville

Le parc a été rénové dans les années 2020 : la Maison de la musique hongroise, pavillon aérien de l'architecte japonais Sou Fujimoto (2022), et le nouveau musée d'Ethnographie, au toit-jardin accessible gratuitement, complètent désormais la promenade. À dix minutes à pied du château, les bains Széchenyi et leurs bassins jaune ocre en plein air restent la conclusion logique de la visite, hiver comme été. Comptez une demi-journée pour l'ensemble place-parc-bains, une journée entière avec le musée des Beaux-Arts. Le secteur se combine bien avec une remontée de l'avenue Andrássy depuis la basilique Saint-Étienne — le reste de nos visites est dans le guide de Budapest.

En bref

Accès
Métro M1, station Hősök tere ; trolleybus 72 et 75
Place
Accès libre 24 h/24
Musée des Beaux-Arts
Mar.-dim. environ 10 h-18 h, env. 5 400 Ft (14 €)
Patinoire du lac
De fin novembre à février, environ 3 500 Ft (9 €) en semaine