Thermes turcs secrets

Les bains Király et Veli Bej

À l'écart des circuits touristiques, Buda cache deux autres bains ottomans du XVIᵉ siècle : Király, fermé pour rénovation depuis 2020, et Veli Bej, superbement restauré et fréquenté presque uniquement par des Budapestois.

Pratique (Veli Bej)

Adresse
Árpád fejedelem útja 7, IIᵉ arrondissement, entre le pont Marguerite et l'île Marguerite
Horaires
Tous les jours, environ 6 h – 12 h et 15 h – 21 h (fermeture en milieu de journée pour nettoyage)
Tarif
Environ 6 500 Ft (17 €) la session de 3 heures — moitié moins que les grands bains
Accès
Trams 17, 19 et 41, arrêt « Császár-Komjádi uszoda » ; trams 4 et 6, arrêt « Margit híd, budai hídfő », puis 8 min à pied
Király
Fő utca 84 — fermé pour rénovation depuis 2020, réouverture non confirmée

Les deux autres bains turcs de Buda

Tout le monde connaît la coupole des Rudas ; presque personne ne cite les deux autres bains construits sous l'occupation ottomane, à quelques centaines de mètres l'un de l'autre au nord du quartier de Batthyány tér. Ils racontent pourtant la même histoire : celle des pachas qui, en un siècle et demi, ont doté Buda de bains dont quatre coupoles du XVIᵉ siècle tiennent toujours debout. Ici, pas de files d'attente ni de perches à selfie — Veli Bej est fréquenté aux trois quarts par des habitués du quartier, et l'on y entend surtout parler hongrois.

Király, le bain des sièges — fermé depuis 2020

Commencé en 1565 par le pacha Arslan et achevé par son successeur Sokollu Mustafa, Király a une particularité unique : il fut bâti à l'intérieur des remparts, loin de toute source, pour que la garnison turque puisse se baigner même en cas de siège. Son eau lui arrive depuis toujours par conduite, depuis les sources du quartier de Lukács — celles-là mêmes qui alimentent Veli Bej. Sa petite coupole percée d'étoiles, son bassin octogonal et sa lumière verte en faisaient le plus atmosphérique des bains de Budapest, patiné, presque décrépit. Soyons clairs : Király est fermé pour rénovation complète depuis 2020, et aucune date de réouverture n'est confirmée en 2025-2026. Ne vous y rendez pas ; on peut seulement longer sa façade jaune de la Fő utca, à sept minutes à pied du métro M2 « Batthyány tér ».

Veli Bej, le plus ancien et le plus méconnu

Édifié vers 1574-1575, Veli Bej (dit aussi bain Császár) est l'un des plus vastes hammams élevés par les Ottomans à Buda. Longtemps englobé dans l'hôpital des frères hospitaliers de la Miséricorde, qui le gère toujours, il a rouvert en 2011 après une restauration exemplaire : sous la coupole d'origine, un bassin octogonal à 36 °C, entouré de quatre petits bassins de 16 à 40 °C logés dans les niches de pierre, complétés discrètement par saunas, hammam, jacuzzi et couloir de marche Kneipp. La capacité est plafonnée et l'entrée vendue par session d'environ trois heures — d'où une quiétude que ne connaissent jamais les grands établissements. Comptez environ 6 500 Ft (17 €), paiement possible en carte, serviette à apporter.

Pourquoi les préférer aux grands bains

Si vous n'avez qu'une matinée et que vous voulez le décor, Széchenyi reste imbattable. Mais Veli Bej gagne sur presque tout le reste : moitié moins cher, jamais bondé, coupole ottomane authentique, eau identique à celle des établissements voisins — et l'impression rare de partager le quotidien des Budapestois plutôt qu'une attraction. Ses limites sont réelles aussi : pas de bassin extérieur, pas de vue, une pause de nettoyage en milieu de journée, et un cadre volontairement sobre. C'est le bain des seconds séjours, ou des voyageurs qui ont lu la page bains thermaux et veulent l'expérience sans la foule. Après la baignade, l'île Marguerite est à dix minutes à pied par le pont, pour prolonger la matinée au vert ; les trams 4 et 6 vous ramènent ensuite directement dans le centre de Pest (voir métro et trams de Budapest).